Quand on voit son chien manger ses croquettes sans enthousiasme, les délaisser certains jours ou se mettre à les refuser systématiquement,
on a parfois envie d'ajouter du plaisir dans la gamelle.
Sans faire une croix sur les croquettes,
il est possible d'ajouter de la fraîcheur, des odeurs nouvelles, des textures différentes et même un peu de cuisine au quotidien.
C'est précisément ce qu'on appelle la bi-nutrition : associer des croquettes et des aliments frais dans une même ration.
Mis à part tous les avantages qu'elle peut représenter en termes d'hydratation ou de mastication,
elle est intéressante car elle permet de créer de la diversité : ça nous parle.
Mais mélanger deux modèles alimentaires, c'est aussi modifier la formulation précise des croquettes.
Un repas improvisé à l'arrache de temps en temps, ce n'est pas un drame.
Au quotidien, l'équilibre s'impose si l'on veut éviter les mauvaises surprises.
On va donc voir ensemble comment aborder la bi-nutrition maison, côté cuisine.
Encore une fois, je ne donnerai pas de grammage, ça c'est votre job et celui d'un professionnel de santé canine.
Je partage une approche et mes idées cuisine ne sont pas des conseils nutritionnels.
Un outil ici peut vous aider à estimer le besoin énergétique de votre chien.
Gardez toutefois à l'esprit que le chien n'est pas une feuille excel, c'est le suivi du poids et de l'appétit qui vont confirmer la justesse des calculs.
Enfin, avant de se lancer, il est bon de rappeler que la perte d'appétit peut avoir de nombreuses origines.
Rien ne remplace un diagnostic vétérinaire.
Par où commencer ?
La proportion croquette/aliments frais, c'est vous qui décidez du ratio final : 5%, 10%, 20%, 30%... Peu importe.
La partie humide doit juste respecter un équilibre et l'ensemble doit répondre aux besoins conseillés en micro et macro nutriments.
Dans ma cuisine j'utilise un complément en vitamines-minéraux formulé pour la ration ménagère.
Ça évite le casse-tête des calculs interminables et ça me laisse une plus grande liberté dans la gamelle.
La transition
Si votre animal n'est pas habitué à la nourriture fraîche, on y va mollo. Certains chiens digèrent mieux les fibres que d'autres, certains tolèrent mieux l'amidon des féculents. Le système digestif a besoin de temps pour s'habituer, la flore intestinale aussi.
Essayez d'engloutir un grand bol entier de lentilles ou de haricots blancs si vous n'en mangez jamais. Vous n'allez pas forcément passer une bonne après-midi (et vos collègues non plus).
On peut tout à fait commencer à inclure le frais en topping, pour habituer le chien aux odeurs et aux fibres. Puis on augmente progressivement, symbolique au départ puis structurel ensuite.
La routine
Certains adorent découvrir de nouvelles odeurs, de nouvelles textures.
Dans ce cas, on continuera d'introduire les aliments doucement.
Pas de course, vous jouez une partition à deux.
D'autres chiens préfèrent un panier d'ingrédients restreint, stable, rassurant : c'est très bien aussi.
La bi-nutrition n'est pas une quête permanente de nouveauté.
Gardez simplement en tête que LCDV est là pour vous souffler des idées originales, avec des ingrédients simples et une philosophie :
le plaisir du chien avant tout.
Les constituants
Plutôt que de vous donner des proportions ou des pesées, je vais vous parler des constituants indispensables d'une ration ménagère — et surtout pourquoi ils le sont.
Cette checklist vous la retrouverez quasi systématiquement dans les recettes de ration ou de bi-nutrition, contrairement
aux recettes de plats/friandises "extras" qui sont pensées dans un cadre événementiel.
La viande/poisson/œufs
Ils apportent les protéines indispensables, les odeurs, l'appétence, la matière animale qui fait sens pour le chien.
Vous le savez, c'est la base.
Les fruits et légumes
Ils apportent des fibres pour le transit, de l'eau, des vitamines et des textures.
Ils permettent de structurer la ration et ont également un effet sur la faim.
On ira mollo sur les fruits, surtout ceux très sucrés.
Même s'ils apportent des vitamines, des fibres et de la diversité, je les considère plus comme agrément que constituant de base.
Les féculents
Ils jouent un rôle essentiellement énergétique.
Mais aussi potentiellement aromatique s'ils sont cuits dans un bouillon ou encore colorés à la poêle.
Ils apportent une forme d'énergie douce, stable, accessible.
Les oméga-3
Ces acides gras sont essentiels.
Ils sont rares dans l'alimentation moderne, et encore plus rares dans la viande.
J'inclus systématiquement une source d'oméga 3 dans mes rations.
Sources possibles : poisson gras, crevettes kril, certaines huiles végétales (colza, noix)
Le complément pour ration ménagère
Pour assurer les apports recommandés en micronutriments, systématique chez moi
Il sécurise la ration en évitant les carences invisibles.